Juillet 2026
La République se construit aussi depuis nos territoires
La République ne se mesure pas seulement à la qualité de ses institutions. Elle se juge aussi à sa capacité à répondre aux préoccupations les plus concrètes de celles et ceux qui vivent, travaillent et élèvent leurs enfants dans nos villes, nos bourgs et nos villages.
À force de vous écouter chers concitoyens, un constat s’impose avec évidence et je mesure pleinement vos attentes les plus fortes. Elles ne relèvent ni de l’exceptionnel ni de l’accessoire. Elles concernent la possibilité de consulter un médecin dans des délais raisonnables, de se déplacer sans que cela devienne une charge insupportable, de continuer à bénéficier de services publics et de commerces de proximité qui font vivre nos communes.
Ces attentes ne traduisent pas une revendication particulière. Elles expriment une aspiration simple : celle de pouvoir vivre dignement, quel que soit le territoire de la circonscription dans lequel on a choisi de construire sa vie.
La question de l’accès aux soins est devenue l’une des plus préoccupantes pour vous et je le mesure chaque jour lorsque je vais à votre rencontre. Derrière les statistiques, il y a des familles qui renoncent à consulter, des personnes âgées qui s’inquiètent de l’avenir, des professionnels de santé qui exercent dans des conditions toujours plus difficiles. Cette situation appelle des réponses ambitieuses, mais aussi réalistes.
La mobilité est un autre défi majeur. Dans la totalité de la circonscription, la voiture demeure indispensable. Ce n’est ni un confort ni un privilège ; c’est une nécessité quotidienne. Toute politique publique qui ignorerait cette réalité risquerait d’accentuer le sentiment d’incompréhension qui s’exprime déjà dans nombre de territoires.
Enfin, le maintien des services publics, des écoles, des commerces et de la vie locale constitue une condition essentielle de l’attractivité de nos communes. Lorsqu’un service disparaît, ce n’est pas seulement une activité qui cesse ; c’est un lien qui se fragilise, une confiance qui s’érode, parfois le sentiment que la République s’éloigne.
Ces constats, nous les partageons largement et ils ne sont hélas pas nouveaux. Ils sont d’ailleurs accélérés par des effets démographiques. Mais il serait illusoire de croire qu’une réponse efficace puisse venir d’un seul niveau de décision. Les défis auxquels nous sommes confrontés dépassent les compétences de chacun. Ils exigent une vision commune et une responsabilité partagée entre l’Etat et toutes les collectivités, entre fonctionnaires et élus, en n’oubliant jamais la vie de tous les concitoyens.
L’État doit pleinement exercer sa mission de garant de l’égalité entre les citoyens et entre les territoires. Mais cette ambition ne saurait s’accomplir sans les collectivités territoriales. Les communes, les intercommunalités, les départements, les régions et le Parlement ne sont pas des échelons concurrents ; ils sont les maillons d’une même chaîne au service de l’intérêt général.
C’est pourquoi je crois profondément à la co-construction des politiques publiques. Non comme une formule à la mode, mais comme une méthode de gouvernement et de gouvernance. Les élus locaux connaissent les réalités du terrain. Ils savent ce qui fonctionne, ce qui doit évoluer, ce qui mérite d’être soutenu. Les associer pleinement à la décision publique n’est pas une concession ; c’est une condition de son efficacité.
Nous devons retrouver le goût du partenariat entre l’État et les territoires. Non dans une relation de dépendance, mais dans une relation de confiance. La confiance permet l’initiative. Elle favorise l’innovation. Elle rend possible l’adaptation des réponses aux réalités locales sans renoncer aux principes d’égalité qui fondent notre République.
Dans une époque où les fractures semblent parfois l’emporter sur ce qui nous rassemble, nous avons le devoir de démontrer qu’il existe un autre chemin : celui du dialogue, de la responsabilité et du respect mutuel entre toutes les institutions de la République. L’intérêt général et le bien public doivent tous nous rassembler et nous motiver à travailler ensemble.
Vous les concitoyens que je rencontre, vous ne demandez pas l’impossible. Vous attendez que nous soyons capables d’agir ensemble, avec constance, avec humilité et avec détermination. C’est à cette condition que nous pourrons redonner confiance à nos territoires et renforcer le lien qui unit chaque Française et chaque Français à la République.
Parce qu’une République forte n’est pas celle qui décide seule ; c’est celle qui sait écouter, associer et construire avec ses territoires l’avenir qu’elle entend offrir à tous.
Bien fidèlement,
Patrick HETZEL,
Député du Bas-Rhin,
Ancien Ministre.
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