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Question au Gouvernement

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R&D Technology, 20e anniversaire, mai 2019

Question au Gouvernement

Interview, salle des 4 colonnes de l'Assemblée nationale

Septembre-Octobre 2021

L’euphorie dépensière est en marche !

L’automne est généralement le moment des débats budgétaires pour l’année à venir. Cette année, force est de constater qu’avant même que nous puissions étudier le projet du gouvernement en matière budgétaire pour 2022, nous avions déjà pris le tournis. En effet, le projet gouvernemental a été présenté en conseil des ministres mercredi le 22 septembre et dans les deux semaines précédentes nous avons assisté à des annonces de dépenses du Président de la République totalement hors normes à hauteur de 6 Milliards d’Euros. Lesquelles, ne figurent même pas dans le budget présenté…

Tout ceci pose quelques problèmes très importants. Tout d’abord, on à l’impression que le chef de l’Etat est déjà en campagne électorale et qu’il distribue les milliards que nous n’avons pas. Cela créé déjà un problème démocratique. Car faire des annonces est une chose mais ne même pas les inclure dans le budget présenté au Parlement, pose une question essentielle : celle de la sincérité du budget que le gouvernement défend au Parlement. Ce n’est pas une mince affaire. A tel point, que le président du Haut Conseil des Finances Publiques, par ailleurs aussi Premier Président de la Cour des Comptes, s’en est fortement ému et a indiqué que cela était du jamais vu dans l’histoire de la 5ème République.

Mais il y a plus grave encore car procéder de la sorte, est évidemment très dangereux pour nos finances publiques et par voie de conséquence pour la France. Et surtout, le président d’aujourd’hui est en train d’engager celui de demain. Est-ce souhaitable ?

La crise liée à la pandémie fut déjà en 2020 mais aussi en 2021, l’occasion pour le gouvernement de dépenser sans compter. Le fameux quoi qu’il en coûte… Si des dépenses exceptionnelles étaient nécessaires pour faire face à la situation elle-même exceptionnelle, hélas le gouvernement en a aussi profité pour augmenter très significativement les dépenses ordinaires. Ces dernières ont progressé en deux ans de 54 Milliards d’Euros. Ainsi, la dépense publique augmente cinq fois plus fort qu’avant la crise. Or nous le savons tous, la moitié des dépenses de l’Etat sont assises sur de la dette.

En tant que membre de la commission des finances à l’Assemblée nationale, je m’inquiète de cette situation. Car la dette française s’est envolée. Elle est désormais de 3.000 Milliards d’Euros soit près de 120 % de notre PIB (à titre de comparaison, la dette allemande représente 75 % du PIB allemand). Et plus grave encore, nous sommes désormais le seul pays européen dont le budget primaire, c’est-à-dire hors dette, reste en déséquilibre. En effet, il faut savoir que désormais, le budget primaire de la Grèce, de l’Italie ou encore de l’Espagne est équilibré. C’est-à-dire qu’il n’y a pas plus de dépenses que de recettes. A un moment ou à un autre, nous allons être rattrapés par la patrouille sur ce sujet. La France est devenue le plus mauvais élève en matière budgétaire de toute la zone euro.

J’espère que les Françaises et les Français ne s’y tromperont pas et comprendront que la question budgétaire devra bien être au cœur des débats présidentiels. Pour le moment, le gouvernement fait des annonces et des plans sur tout, sauf sur les finances publiques. Si nous ne prenons pas garde à cela, dans les années à venir le réveil risque d’être difficile. Je sais bien qu’il est plus facile de rêver que d’être réaliste mais ne nous y trompons pas, la question est centrale : un programme présidentiel doit être crédible et réaliste. Ainsi, sans promettre du sang et des larmes, il sera indispensable de mettre en place une vraie revue des politiques publiques et prioriser les politiques publiques entre elles. C’est une nécessité impérieuse afin de protéger la France contre des risques extérieurs sur lesquels nous ne pourrions agir. Notre devoir est d’éviter d’exposer la France à tous les vents. Ne faisons surtout pas la politique de l’autruche en la matière car cela pourrait hélas avoir de funestes conséquences.

Patrick HETZEL,
votre Député.

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